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Quels leviers pour optimiser la fertilisation azotée ?

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Le printemps approche et avec lui la période des épandages d’engrais sur les terres agricoles. C’est l’occasion de faire le point sur les pratiques et les outils d’optimisation de la fertilisation favorables à la qualité de l’air..


Les épisodes de pollution de l’air sont notamment dus aux émissions de particules de sources variées.
Les épandages d’engrais azotés et d’effluents d’élevage entrainent la formation de particules secondaires.

Les mécanismes de la pollution de l’air par les particules secondaires

Certains polluants gazeux émis dans l’atmosphère se combinent et produisent des particules fines. Ces particules non émises directement mais issues de réactions chimiques sont appelées particules secondaires. Les principaux polluants gazeux conduisant à leur formation sont les oxydes d’azote (NOx), le dioxyde de soufre (SO2), l’ammoniac (NH3) et les composés organiques volatils (COV). Ces particules, dites fines, sont de faible grosseur. Elles peuvent se propager loin des sources d’émission et sont particulièrement dangereuses pour la santé.



Si les sources d’oxydes d’azote, de dioxydes de soufre et de composés organiques volatils sont diverses, l’agriculture est à l’origine de 98 % des émissions d’ammoniac en Normandie en 2014 (Atmo Normandie). Améliorer la qualité de l’air nécessite de réduire les émissions de polluants dans tous les secteurs d’activité.

L’ammoniac provient essentiellement des rejets organiques de l’élevage. Il peut également avoir pour source la transformation d’engrais azotés épandus sur les cultures.
La volatilisation de l’ammoniac lors des épandages d’engrais et des produits organiques est une source de pollution inutile. Elle diminue leur efficacité et entraîne des pertes économiques. Elle est également néfaste à l’environnement et à la santé. 
Nous nous intéressons ici à l’épandage des engrais azotés et aux leviers pour en limiter l’impact sur la qualité de l’air.
Sous forme gazeuse, l’ammoniac est également émis par l’industrie lors de la fabrication des engrais minéraux. L’utilisation d’engrais minéraux implique également des émissions d’oxydes d’azote (NOx) et de dioxyde de carbone (CO2) liées à leur transport.

Les bonnes pratiques pour gérer la fertilisation azotée.

La volatilisation de l’ammoniac est difficile à quantifier. Ellle dépend de nombreux facteurs dont certains sont difficilement maîtrisables comme le pH du sol ou son taux d’humidité.
Par contre des marges de progrès existent pour la réduire lors des épandages d’engrais.

En premier lieu il est possible d’agir pour la réduction des émissions d’ammoniac en évitant d’épandre par temps chaud et sec ou par période de vent fort. 
D’une manière générale, toutes les pratiques qui favorisent l’assimilation de l’azote par la plante et limitent ainsi les pertes sont favorables à la qualité de l’air :

  • la réalisation d’un bilan azoté et de reliquats en sortie d’hiver pour déterminer la quantité d’azote à apporter en fonction du rendement souhaité et éviter ainsi la sur fertilisation,
  • le fractionnement des apports qui permet de les positionner au plus près des besoins des plantes,
  • le retard ou la suppression du premier apport lorsque les conditions le permettent (sol profond, variété peu précoce, enracinement et développement corrects en sortie d’hiver, reliquat azoté suffisamment important …),
  • le recours à la fertilisation localisée qui a pour intérêt de mettre à disposition l’engrais directement auprès des racines.

Certaines de ces pratiques sont déjà bien connues des exploitants agricoles. Ils les appliquent en respect des programmes d’actions relatifs à la Directive Nitrates. 
Le choix du produit a également son importance, les formes uréiques d’engrais minéraux présentent plus de risques d’émissions d’ammoniac.
Lorsque c’est possible, il est préférable d’utiliser l’ammonitrate, forme la moins émettrice (INRA, 2015) même si c’est aussi la plus onéreuse à l’unité d’azote.

Pour les engrais liquides, comme dans le cas des lisiers ou fumiers, plus l’azote ammoniacal reste en contact avec l’air libre, plus les pertes par volatilisation sont importantes. Il faut donc privilégier autant que possible un enfouissement rapide (si possible, dans les heures qui suivent).

Le mode d’épandage est aussi important en lisier et effluents minéraux liquides. Les matériels d’apport près du sol (pendillards, injection) réduisent la volatilisation par rapport à la classique buse-palette.
En complément de ces bonnes pratiques, l’utilisation d’outils de pilotage de la fertilisation concoure également à minimiser les pertes environnementales.
Ils permettent d’ajuster le plus finement possible les doses et éventuellement les dates d’apports afin de répondre aux besoins des plantes.

Tableau comparatif simplifié des outils d'optimisation de la fertilisation azotée :

Les outils présentés ci-dessus ne constituent pas une liste exhaustive. Ils ne sont opérationnels que sur certaines cultures.
Rapprochez-vous de votre conseiller si vous désirez plus d’informations ou pour vous aider à choisir le mieux adapté à vos besoins.

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Florence Gerouard

Chargée de mission environnement

Tél : 02 35 59 47 59

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