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LIT OUESTEREL : un nouveau projet innovant

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Le Bien-être animal devient un enjeu de société majeur. Encore un sujet parmi bien d’autres pour les éleveurs. Et c’est un sujet qui reste difficile à aborder sans que les raccourcis médiatiques ne les amènent au sentiment d’être une fois de plus sur le banc des accusés.

 

Un territoire normand devient support d’innovation

Le Laboratoire d’innovation territoriale (LIT) « Ouest Territoires d’Elevages » (OUESTEREL) à la fois dans ses objectifs et dans son organisation, a pour ambition de recréer les conditions d’un dialogue avec l’ensemble des parties prenantes sur ce sujet. Explications.

Le programme « Laboratoires d’innovation territoriale » a vocation à permettre la création de lieux d’échange et de valorisation de la créativité. Impliquant diverses parties-prenantes (opérateurs, collectivités, associations, usagers, etc.), ces laboratoires d’innovations territoriales seront porteurs de solutions numériques innovantes. C’est une réponse nouvelle à une problématique et/ou à un besoin identifié collectivement, sur un territoire, en vue d’apporter une amélioration et un développement local durable.
Son caractère proprement « innovant » repose notamment sur :

  • Une adaptation fine de la réponse à un contexte territorial donné
  • Une mobilisation des ressources et atouts locaux
  • Un modèle économique durable
  • Une capacité à mobiliser les acteurs locaux et notamment les citoyens dans une logique de coconstruction /coproduction : l’innovation se fait ainsi par tous les acteurs du territoire.

La société en questionnement sur les pratiques d’élevage

La dynamique des productions animales dans l’Ouest a longtemps reposé sur la croissance des volumes de produits standardisés permettant de répondre aux exigences de prix pour le consommateur. Cette approche est aujourd’hui remise en cause. Les pratiques d’élevage, de transport et d’abattage des animaux et la consommation de produits animaux sont de plus en plus questionnées.

En partageant ce constat, plusieurs acteurs de l’Ouest ont décidé de développer une initiative ambitieuse, impliquant l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’éleveur au consommateur-citoyen. Depuis 2016, ils travaillent à la mise en place d’un Laboratoire d’Innovation Territoriale (LIT) dédié à l’élevage dans l’Ouest, plus spécifiquement à l’amélioration du bien-être des animaux aux stades de l’élevage, du transport et de l’abattage, et à la réduction des utilisations d’antibiotiques.

L’ambition du LIT « Ouest Territoires d’Elevage » est ainsi de retisser les liens entre élevage et société dans l’Ouest en tenant compte de la diversité de ses territoires de vie. Cette ambition se décline en un projet de co-construction de nouveaux modes d’élevage, de filières animales et de valorisation des produits animaux qui en sont issus dans trois territoires pilotes dont un normand, représentatifs de la diversité de l’Ouest. L’amélioration du bien-être animal et la réduction des usages d’antibiotiques sont les pivots thématiques de ce renouveau. L’innovation, la traçabilité des pratiques grâce au numérique et la différenciation des produits animaux grâce à la labellisation en sont les vecteurs.

Les Pays d’Argentan, d’Auge et d’Ouche : un des trois territoires Pilote du LIT

En Normandie, le territoire pilote retenu correspond aux trois Communautés de Communes (voire illustration ci-contre) des Pays d’Argentan, d’Auge et d’Ouche. Ce territoire compte 1 193 exploitations agricoles (2014) qui occupent 64 % du territoire. L’élevage bovin y est présent dans 2 exploitations sur 3. Deux tailles de structures agricoles coexistent : si la surface agricole utile moyenne des exploitations est de 97 hectares, 40 % d’entre elles ont moins de 50 hectares et 20 % plus de 150 hectares. Sur ce territoire, l’agriculture doit répondre à des enjeux forts tels que le renouvellement des générations, mais aussi le maintien de l’élevage, de l’herbe et du bocage afin de permettre la préservation de la typicité des unités paysagères, la fourniture de services environnementaux positifs associés au pâturage, et le maintien des emplois de proximité directs, indirects et induits générés par les élevages.

Le bien-être et la santé des animaux d’élevage sont porteurs de multiples enjeux. Mais la clé du succès sera bien l’implication de tous acteurs directs, indirects, consommateurs, citoyens.

De l’innovation participative avec un maître mot : la co-construction

La déclinaison territoriale concrète de ce projet est prévue d’ici la fin de l’année. Pour l’heure, les principaux axes sur lesquels il faudra travailler sont d’ores et déjà identifiés. Le bien-être animal et la réduction du recours aux antibiotiques tout d’abord, bien sûr, et aux trois stades de l’élevage, du transport et de l’abattage. Par ailleurs, les produits animaux issus de ces filières animales travaillant pour être exemplaires devront trouver une juste rémunération qu’il faudra travailler avec les consommateurs pour définir leur consentement à payer un peu plus. Enfin, l’axe de la reconquête des opinions passera par la systématisation de la co-construction ainsi que le développement d’un outil numérique de traçabilité de tous les évènements le long de la chaîne permettant à chacun d’identifier, de façon immédiate, les pratiques d’élevage, d’abattage, de transformation et de distribution en amont des produits animaux.

Les principaux axes de travail

Augmenter le BEA et réduire les usages d’ATB (Elevage, transport, abattage)

Développer des innovations co-construites, testées et déployées sur le territoire en associant:

  • Les acteurs économiques, de la recherche, du développement
  • Les acteurs territoriaux: collectivités, consommateurs, citoyens pour la décision des priorités, des mises en œuvre et du suivi

 

Reconquérir les marchés et créer de la valeur en regagnant la confiance des consommateurs 

Développer des circuits de proximité viables sur le territoire et la co-construction d’un référentiel partagé et d’un étiquetage sur les conditions d’élevage, de transport et d’abattage dans le cadre d’une commission ouverte à tous les acteurs y compris la distribution individuelle et collective.

Reconquérir les opinions 

Avoir une transparence tout au long de la chaîne (via des outils numériques de traçabilité) en associant tous les acteurs de l’éleveur jusqu’au consommateur. Pour répondre au besoin urgent d’information objective, une ouverture au public des lieux de déploiement des innovations (JPO),  des films, l’utilisation de matériels vidéo, de réseaux sociaux… seront autant de champs d’investigation.

Soyez donc acteurs !

Ce projet est  fondamental face aux enjeux sociétaux : il doit favoriser le développement de filières animales françaises exemplaires, vectrices de reconnaissance et de lien social, créatrices de richesse économique sur nos territoires, plus respectueuses de la cause animale et sources de gain en matière de santé publique. Sa réussite passera par l’implication de tous via la co-construction systématique de toutes les actions avec tous les usagers, directs et indirects.

 

Partenaires

 

L’INRA est le pilote du projet. Les partenaires au-delà des 3 Communautés de Communes et des Pays sont :

  • 10 unités de recherche (INRA, IRSTEA, ONIRIS, ESA d’Angers)
  • 4 associations liées au Bien-être Animal (CIWF, OABA, Welfarm, LFDA)
  • 3 Instituts (IDELE, IFIP et ITAVI)
  • 3 Chambres régionales d'agriculture (BZH, PDL, Normandie)
  • 4 coopératives (Triskalia, Agrial, Terrena, Cooperl)
  • 4 sociétés de fourniture vers l’agriculture (Agretic, Alfing Trust’ing, Elinnove, Nucléus)

Autres partenaires