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Viande bovine : une conjoncture 2017 en demi-teinte

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Globalement, après une conjoncture difficile en 2016, la plupart des catégories ont connu en 2017 une reprise des prix. Les naisseurs allaitants n’ont cependant pas profité pleinement de ces augmentations, les vaches de réforme du troupeau allaitant ayant toujours autant de difficultés à être correctement valorisées.

Toutes catégories confondues, après deux années d’érosion du prix de la viande, le prix moyen pondéré entrée abattoir a repris en moyenne 4 % par rapport à 2016. Il s’établit à 3,60 € en 2017, sans atteindre les cours moyens records de 2013 (3,95 €/kg). Cette reprise des cours a surtout profité aux viandes d’origine laitière, mieux adaptées à l’évolution des achats des consommateurs.

Les vaches ont repris les 20 centimes d’euros qu’elles avaient perdus en 2016

Le prix des vaches a d’autant plus augmenté que leur conformation est faible. Ainsi les vaches laitières de réforme, moins nombreuses dans les abattoirs et très recherchées pour la production de viande hachée, ont augmenté de 8 % pour les Holsteins, 5 % pour les mixtes. Les charolaises ont augmenté de 2 à 3 % alors que les races bouchères (blondes d’aquitaine et limousines) sont en moyenne restées au même prix. Cette orientation des prix en défaveur des éleveurs allaitants est aussi entre autre le résultat d’une décapitalisation en cheptel allaitant (+ 6 % de vaches abattues en 2017). Les éleveurs allaitants peinent donc à valoriser leurs animaux de réforme de bonne qualité, ce constat n’est pas étranger à leur volonté de développer la commercialisation en circuits courts.

Par ailleurs, 2017 marque le retour des variations saisonnières, à savoir une reprise des cours sur le 1° semestre et la baisse en fin d’année.

Les taurillons : une fin d’année en fanfare

Comme pour les vaches laitières, ce sont les taurillons les moins bien classés qui ont le plus augmenté en 2017. Plus 7 à 8 % pour les JB d’origine laitière, 5 % pour les charolais et 2 à 3 % pour les blonds d’aquitaine. En fin d’année les taurillons classés "O" cotaient entrée abattoir 3,40 €/kg et les taurillons "U" ont atteint la barre des 4,20 €. Alors qu’il n’y a pas eu de baisse saisonnière marquée en été, la reprise automnale des cours a été exceptionnelle en 2017 et est venue s’ajouter à une tendance positive depuis l’automne 2016.

Les bilans économiques des lots de JB sont restés corrects pour les sorties de début 2017 et sont arrivés en fin d’année à un niveau rarement atteint ces dernières années. En JB de race à viande, les produits journaliers (1) ont été en moyenne de 2,60 € en 2017, c’est 0,35 € de plus qu’en 2016. Ils ont atteint 2,90 € sur le dernier trimestre 2017, retrouvant les niveaux historiques de 2012.

 

Contrairement aux années passées, du fait de l’absence de baisse saisonnière estivale, les produits journaliers pour les JB laitiers sont restés très stables sur l’année 2017. Le produit journalier moyen 2017 s’est établi à 1,85 €, soit 0,15 € de mieux qu’en 2016.

Broutards : les cours se sont bien tenus

En moyenne les broutards ont repris les 30 à 40 € qu’ils avaient perdus en 2016. Les broutards français ont toujours la cote en Italie et gagnent du terrain en Espagne. Le prix élevé des jeunes bovins italiens et l’absence de concurrence des autres exportateurs : pays de l’est et Irlande occupés à vendre sur les pays tiers, ont permis de garder un prix correct des broutards.
Concernant le prix des veaux de 8 jours, rien de nouveau. La saisonnalité très forte des prix est toujours d’actualité faisant passer le prix moyen des veaux laitiers du simple au double selon la période de l’année.

(1) Le prix de vente - le prix d’achat du maigre en début de lot/temps de présence en jour (310 jours en JB de race à viande et 540 jours en JB Holstein).